dimanche 18 février 2007
Appel : « Pourquoi nous consentons à l’impôt »
Voici l'évolution sur 20 ans des recettes fiscales.
Baisser les impôts, c'est notamment supprimer des tranches (moins juste, comme la droite l'a fait en passant de 7 à 5, il en faudrait pourquoi pas une dizaine), réduire le taux de prélèvement des tranches
(proportionnellement, les plus riches sont gagnant et la collectivité
perdante, alors que l'on sait que la propensation à consommer est plus
importante pour les ménages les moins aisés : 100 € de plus pour un
smicar sera à coup sûr dépensé, 100 € pour celui qui gagne 4000 € sera
très certainement épargné).
La justice fiscale commande de réduire au maximum toutes taxes (impôts
indirects qui touche tout le monde de la même manière, ex : TVA), et
faire jouer la progressivité des impôts directs, afin de permettre un
financement adéquat des différents services publics notamment.
à méditer :
L'appel d'Alternatives Economiques :
"Nous,
soussignés, assujettis à
l’impôt sur le
revenu, et pour certains d’entre nous, à
l’impôt de solidarité sur la fortune,
considérons ces prélèvements comme
légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre
contribution aux dépenses publiques nécessaires
au
progrès, à la cohésion sociale et
à la
sécurité de la nation. Nous
considérons
également qu’un impôt progressif sur les
successions
est le corollaire indispensable des libertés
économiques
offertes par l’économie de marché. Le
marché
est facteur de progrès parce qu’il permet
à
l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais
les
inégalités qu’il engendre sont
mortifères
pour la démocratie si aucune limite n’est mise
à la
transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci
doit
être acquise par le travail, par le talent, et non par le
simple
fait d’avoir hérité de ses parents. Une
société où le pouvoir
économique se
transmet par héritage, est une société
condamnée à une croissance lente, où
les rentiers
l’emportent sur les créateurs et où
travail et
mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit
bien sûr
savoir se réformer. Augmenter les impôts
n’est pas
une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre
disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais
voir
des candidats à la magistrature suprême proposer
des
mesures démagogiques en matière fiscale et
justifier la
sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos
revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont
été acquis par notre travail, mais celui-ci ne
porterait
pas ses fruits sans le stock d’infrastructures,
d’innovations, de savoir-faire, de goût
d’entreprendre, de lien social, qui nous a
été
transmis par les générations qui nous ont
précédés. C’est cet
héritage commun
qu’il nous revient de préserver et de
développer en
priorité afin d’assurer la qualité
actuelle et
future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un
niveau élevé de dépenses publiques.
Ces
dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont
aussi
un investissement, gage à la fois de justice et de
dynamisme.
C’est pourquoi nous consentons à
l’impôt et
récusons des baisses de la fiscalité dont la
contrepartie
serait l’insuffisance des moyens donnés
à la
protection sociale des plus pauvres, à
l’éducation,
à la recherche, à la santé, au
logement ou encore
à l’environnement."
Cet appel,
lancé
à l'initiative du mensuel Alternatives Economiques a
déjà reçu le soutien de :
Jean-Marie
Albertini, économiste, Fadela Amara, Max Armanet, journaliste,
Philippe Askenazy, économiste, François Baraduc, chef
d’entreprise et vice-président du Conseil
général du Rhône, Pierre Besançon, Vice
président du Conseil économique et social régional
de Franche Comté, Christophe Bigot, avocat, Vincent Boggio,
médecin, Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT,
Noël Bouttier, rédacteur en chef de Témoignage
chrétien, Robert Boyer, économiste, Anton Brender,
économiste, Bernard Carrère, animateur
d’association, Luc Champagne, cadre supérieur, Louis
Chauvel, sociologue, Christian Chavagneux, rédacteur en chef de
l’Economie politique, Jean Clément, créateur et
chef d’entreprise, Denis Clerc, fondateur d’Alternatives
économiques, Jean-Baptiste De Foucauld, ancien commissaire au
Plan, Gilles de Courtivron, ancien dirigeant du groupe La Vie - Le
Monde, Geneviève Decrop, ancienne directrice de la Mission
Rhône-Alpes d’information sur l’exclusion,
Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Jacques Delors,
Michel Dollé, rapporteur général du Conseil de
l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale, François
Dubet, sociologue, Gérard Duchamp, cadre supérieur,
Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives
économiques, Gilles Finchelstein, cadre supérieur,
Maurice Fournet, ancien chef d’entreprise, Philippe
Frémeaux, directeur d’Alternatives économiques,
Antoine Garapon, juriste, Patrice Garnier, consultant,
Jérôme Gautié, économiste, Christophe
Gendreau, Stéphane Gourdon, Frédéric Volovitch,
musiciens, Les Wriggles, Roger Godino, ancien chef d’entreprise,
Philippe Grangeon, cadre dirigeant, Jean-Paul Hébert,
économiste, Jean-Claude Guillebaud, éditeur,
écrivain, Thierry Jeantet, cadre dirigeant,
mutualité, Wojtek Kalinowski, rédacteur en chef de la Vie
des idées, Patrick Klugman, avocat, vice-président de SOS
Racisme, Daniel Lenoir, cadre dirigeant, Didier Livio, chef
d’entreprise, ancien président du Centre des jeunes
dirigeants, Jacques Maire, cadre dirigeant, assurances, Jacques
Maillot, chef d’entreprise, directeur de Témoignage
chrétien, Antoine Martin, ancien DRH du groupe Danone, Eric
Maurin, économiste, Dominique Méda, chercheuse, Olivier
Mongin, éditeur, Marc-Olivier Padis, éditeur, Thierry
Pech, secrétaire général de la République
des idées, Hélène Périvier,
économiste, Michel Préfol, ingénieur, Hugues Puel,
économiste, Dominique Raymond-Blanc juriste, Loïc Richard,
membre du Conseil économique et social de Bretagne, Paulette
Souchon, infirmière, Jérôme Vignon, Patrick
Viveret, philosophe et magistrat, Patrick Weil, directeur de recherche,
Robert Zarader, cadre dirigeant - publicité, Pierre
Rosanvallon, professeur au Collège de France...
Pourquoi
nous consentons
à l’impôt
Le jeudi 15 février 2007 à 15H00, cette pétition
avait déjà recueilli 29 145 signatures.
voir la liste complète des signataires

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